L'impact de la culture sur la performance

Cette semaine, je souhaite parler d’un podcast de techlead journal (lien en fin d’article), dans lequel ils interviewent l’auteur du livre Wrong fit, right fit. Dans le podcast, l’auteur (André Martin) parle de la culture d’entreprise comme facteur déterminant de la performance et du bonheur d’un employé. Il cite un rapport Gallup qui indique que 8 800 milliards de dollars sont perdus en raison du manque d’engagement des employés envers leurs entreprises. André compare le fait de travailler dans une entreprise avec laquelle vous n’avez pas d’adéquation culturelle à écrire de la main gauche (ou de la droite si vous êtes gaucher). Vous pouvez le faire, et vous produirez… mais la qualité sera bien moins bonne et vous vous sentirez insatisfait.
Cela m’est arrivé, j’ai travaillé dans une entreprise où je ne m’intégrais pas à la culture, et je me suis toujours senti improductif et mal à l’aise. Ensuite, j’ai travaillé dans des entreprises où je m’intégrais bien, et les ressentis étaient complètement différents, je me sentais beaucoup plus productif et j’avais l’impression de grandir chaque jour. J’étais le même, mais l’environnement me faisait me sentir médiocre et improductif.
Je me souviens d’une anecdote, il y a 20 ans, lorsque j’étais à La Rochelle, en France, en vacances. Là-bas, nous avons rencontré un joueur de l’équipe argentine de rugby, et il nous a raconté que lorsqu’il est venu en Europe, il a d’abord joué dans une équipe en Angleterre. Il a dit qu’il ne s’était pas bien intégré avec ses collègues, ils avaient des codes et des valeurs différents, et il ne se sentait pas à l’aise. Ses performances étaient médiocres et il jouait très peu. Des années plus tard, il a été recruté par une équipe française, et dès le début, il a eu un ressenti différent, il s’est très bien intégré et ses performances étaient très bonnes, au point de jouer dans le Tournoi des 5 Nations. Il était le même, cependant dans la culture d’un club ses performances étaient médiocres, tandis que dans un autre club ses performances étaient au top.
Selon André, la culture est l’agrégation du comportement collectif des personnes, ce n’est pas quelque chose d’abstrait affiché sur les murs du bureau ou sur l’intranet de l’entreprise. Par conséquent, pour changer la culture, la première chose à faire est de changer notre comportement quotidien (en tant qu’employés, en tant qu’équipe, en tant que managers et directeurs). C’est pourquoi chaque entreprise a sa culture, indépendamment de sa taille et de son investissement dans celle-ci. Lorsqu’un groupe de personnes se réunit autour d’un projet commun, certains comportements s’établissent, une manière de faire les choses, qui se perpétue dans le temps et constitue la culture.
L’une des choses que j’ai apprises est que la culture d’une entreprise est très difficile à changer. Je me souviens d’être arrivé pour travailler dans une startup qui sortait d’une période très difficile et dont la culture avait été affectée. L’une de mes responsabilités était de changer cette situation, ce qui n’était pas une tâche facile. D’une part, j’ai rencontré de la résistance de la part de l’équipe, qui ne trouvait pas facile de repartir à zéro, à cause de tout ce qu’ils avaient traversé. Pourtant, ils réalisaient eux-mêmes qu’il était temps de regarder ailleurs pour prendre un nouveau départ et faire place à de nouvelles personnes. Cependant, comme cette transition se faisait progressivement, les personnes qui partaient coïncidaient souvent avec les nouvelles arrivées, ce qui signifiait qu’elles apprenaient une partie de l’ancienne culture. Mais j’ai aussi réalisé comment la culture ne se transmettait pas seulement à travers les personnes, mais que le code legacy transmettait également certaines façons de travailler de l’ancienne culture…
De tout cela, je tire deux conclusions : au niveau individuel, il est intéressant de se demander comment la culture actuelle de notre entreprise affecte notre engagement, notre performance et notre bonheur. Est-elle stimulante ou handicapante ? Regarder les expériences passées et comparer est souvent une bonne référence, et dans le cas où on n’a pas de bonnes expériences, parler à des collègues de notre réseau qui sont satisfaits de leur travail peut être un bon thermomètre. D’autre part, au niveau de l’entreprise, je pense qu’il est important d’être conscient de la culture actuelle et de son impact. Les startups en phase initiale posent déjà, sans le savoir, les graines de ce qui deviendra leur culture, il est donc important de ne pas sous-estimer l’impact des comportements en phase initiale. Je crois personnellement que la culture va jouer un rôle encore plus fondamental dans les entreprises technologiques. D’une part, la concurrence pour les talents est féroce et ces talents sont de plus en plus exigeants et recherchent des projets qui correspondent à leurs valeurs. D’autre part, si l’automatisation progresse comme il semble grâce à l’IA, les personnes ne pourront rivaliser que si nous donnons le meilleur de nous-mêmes, et pour cela, nous devons d’abord être dans un environnement qui nous fait nous sentir à l’aise et impliqués.
Je travaille actuellement pour aider les entreprises et les équipes technologiques à mieux exploiter leur potentiel. Je les aide à prendre conscience de leurs inefficacités et de la manière dont elles peuvent travailler sur des actions concrètes pour s’améliorer dans leur contexte, et ce de manière continue. Si vous sentez que vous avez une marge d’amélioration dans votre entreprise, mais que le quotidien vous accapare, nous pouvons discuter pour explorer des solutions ensemble. Réservez un appel ici.